Rio+20… et après ? L’action continue

11 Juil

Rio+20 est terminé. Et ensuite ?

Retrouvez ci-dessous une tribune de François Loos, président de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), paru dans le journal Les Echos :

Copenhague, Durban… les aboutissements peu tangibles des conférences internationales dédiées à l’environnement ces dernières années ont nourri un scepticisme croissant sur la capacité des pays à se mobiliser pour un développement durable mondial. Et les bilans environnementaux dressés la semaine dernière lors du sommet de la Terre Rio + 20 n’ont fait que renforcer ce pessimisme ambiant.

A Rio, en 2012, l’Europe était aux avant-postes pour adopter une déclaration mondiale – « L’avenir que nous voulons » -avec la conviction que l’heure n’est plus aux intentions, mais à l’action. Les marges de manoeuvre sont là. Il s’agit de les activer, avec une volonté commune d’amélioration continue. Ici et ailleurs, du global au local, des solutions se mettent en place. Il convient de partager les expériences concluantes et d’assurer un vrai transfert de savoir-faire entre tous. Nous sommes allés à Rio pour montrer que l’on agit et comment l’on agit.

Rio + 20 est une étape. Avant, pendant et après les négociations des Etats lors du premier sommet de la Terre, la société civile est demeurée fortement mobilisée. Il doit en être de même à l’issue de ce sommet. Collectivités, entreprises, syndicats, associations, particuliers, nous devons rester actifs. Ne laissons pas la crise économique freiner nos efforts. L’économie verte fait partie intégrante de l’économie et ne peut plus être circonscrite au seul domaine de la responsabilité sociale et environnementale. Elle est porteuse d’emploi et de développement au Nord comme au Sud.

Il est nécessaire de transformer notre modèle de production et de consommation, comme notre modèle urbain. Le modèle unique de la ville doit être banni. La ville durable sera celle qui réussira à s’organiser harmonieusement en fonction de son environnement, des évolutions démographiques, des mutations sociales, des facteurs culturels de ses habitants… La ville durable sera pensée de manière globale et fluide. Air, énergie, déchets, bruit… les territoires doivent se mobiliser sur tous les fronts pour répondre aux enjeux du développement durable.

Chacun peut agir, individuellement comme à l’échelle de l’entreprise ou de la collectivité. Les solutions concrètes existent déjà. De nombreuses expériences françaises le démontrent. Nous redoublons d’efforts pour donner les moyens aux acteurs locaux de passer à l’action. Les démarches exemplaires se diffusent sur notre territoire. Il faut à présent les démultiplier – en France, et partout ailleurs. Il faut éclairer par l’exemple. C’est ce que nous avons fait à Rio. Les réponses sont sur le terrain.

La France agit déjà : les bâtiments basse consommation et à énergie positive se multiplient, 133 hectares de zones urbaines sont en passe d’être réhabilités, 500 territoires sont en marche pour la mise en place de plans climat-énergie territoriaux, près de 1.300 points noirs bruits sont gérés, 3.452 actions de réduction des déchets ont été mises en œuvre en 2011, 26 projets ont été sélectionnés l’an dernier dans le cadre des investissements d’avenir pour déployer des innovations environnementales… et il faut poursuivre.

Montrer que des changements s’opèrent, rassembler toutes les énergies et apprendre ensemble, ce sont les « indispensables » pour appréhender les vingt prochaines années avec des perspectives durables. Nous sommes allés à Rio avec cette volonté, pour en faire le sommet des actions possibles. Les résultats de Rio ne sont pas contraignants, mais ils ne nous empêchent pas d’aller de l’avant.

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« Un vrai défi »

10 Juil

Retrouvez ci-dessous l’interview de Lina Buscail pour le numéro d’août-septembre du journal de la Ligue de l’enseignement, Les idées en mouvement !

Lina Buscail, 25 ans, partie avec la délégation « la parole des jeunes à Rio + 20 », est revenue avec un petit sentiment d’inachevé. Toutefois, elle se réjouit de l’effervescence qui a animé le forum alternatif de la conférence : le Sommet des Peuples.

Les Idées en mouvement : Pourquoi avoir choisi d’intégrer cette délégation de jeunes ?

Lina Buscail : Adhérente à la Ligue de l’enseignement, j’ai récemment contribué à la mise en place au sein de la fédération du Var d’un Agenda 21 et d’Agendas scolaires. De plus, ma formation en écologie et en sciences de l’environnement font que je suis d’emblée sensible aux problématiques du développement durable.

Un rendez-vous tel que le Sommet de la Terre est un véritable enjeu selon moi, écologique bien sûr, mais également politique et social. Les défis à relever sont grands. Personnellement, je milite pour développer un pôle international de recherche et de développement sur les énergies renouvelables. Je suis en outre favorable à la création d’un tribunal international sur l’environnement. En effet, aujourd’hui, ça n’a vraiment pas de sens de nier les conséquences de l’activité humaine sur l’écosystème.

Pouvez-vous nous présenter la délégation ?

Les jeunes avaient des parcours vraiment différents. Certains travaillaient déjà sur la question du développement durable ou disposaient de solides compétences, tandis que d’autres connaissaient simplement le concept. J’ai trouvé cette mixité salutaire. La diversité a rendu la délégation très riche humainement. Qu’importe le profil de chacun, la motivation était bien présente : elle pouvait être personnelle, professionnelle mais elle était avant tout citoyenne.

Comment s’est déroulé votre séjour et surtout êtes-vous parvenus à porter vos 15 propositions ?

Pour nous approprier le Sommet des Peuples, il nous a fallu un peu de temps. Concernant la participation de chacun aux différents travaux, nous avons choisi de nous répartir en petits groupes pour recueillir un maximum d’informations, réaliser des interviews et rendre compte des 15 propositions que nous portions au nom des jeunes (1).

Vous avez notamment organisé un débat international sur le thème « crise économique : l’importance des valeurs du développement durable dans les choix de carrière personnels ». Qu’en avez-vous retiré ?

Pour animer ce débat, nous avons fait appel à des techniques participatives. Ce qui a très bien fonctionné puisque les scolaires que nous avions sollicités ont eux-mêmes invité une autre classe rencontrée par hasard, si bien que ce sont près de 80 personnes qui ont assisté au débat  ! J’ai ressenti une réelle envie de participer, autant de la part des enfants que des jeunes. Chacun semblait attentif et concerné par la problématique proposée. Ce qui me laisse penser que la société civile était bien là pour créer du lien, échanger et avancer des propositions en vue d’améliorer les conditions de vie et de travail dans le monde. Les valeurs à défendre semblaient partagées par tous : Brésiliens, Français comme Américains. Et même si les négociations officielles n’ont pas abouti, le débat a constitué pour moi une expérience extrêmement positive.

Justement, de nombreuses organisations de la société civile ont dénoncé l’adoption d’un texte sans vision ni ambition pour « le futur que nous voulons ».

Malgré le fiasco annoncé, avant même la tenue de la conférence il me semble qu’il y avait – et qu’il y a encore aujourd’hui – un vrai enjeu quant à la place laissée à la société civile. Le sommet officiel ne se trouvait qu’à une heure du Sommet des Peuples qui, lui, regorgeait d’idées et de propositions réfléchies, issues des populations du monde entier. Dans quelle mesure les gouvernements ont-ils su les écouter et s’en inspirer  ? Pensant d’abord à leurs propres intérêts, les gouvernements sont restés englués dans une sorte d’inertie. Voilà notre principale déception.

Globalement, que retenez-vous de cette expérience citoyenne ?

Comprendre le mécanisme et la logique des décisions prises à un niveau international s’est révélé très enrichissant. Nous avons vécu de belles rencontres, des échanges intéressants. Quant aux intervenants, ils étaient bien plus impliqués et acharnés que je ne l’aurais cru  !

Toutefois, compte tenu des enjeux actuels liés au climat, j’ai trouvé choquant que certaines grandes nations ne soient pas représentées. Cela me semble assez grave, ne serait-ce que symboliquement. Et ne parlons pas de l’empreinte carbone du Sommet officiel, avec son immense complexe isolé, lumineux et énergivore.

Cependant, je pense que chaque temps de rencontre mondial, même s’il est compliqué et coûteux à organiser, a son importance. Renforcer la communication entre les différents États mais aussi entre la société civile et les gouvernements est toujours utile. Et les engagements tant espérés doivent bien être initiés et discutés pour être adoptés ensuite. D’ailleurs, la conférence mondiale sur le climat de 2015 à Durban semble de ce point de vue assez prometteuse.

Concernant la délégation, on peut dire qu’un groupe a véritablement vu le jour, et la séparation s’est du reste révélée difficile. Heureusement, les moyens de communication ne manquent pas et nous avons déjà prévu de nous revoir pour mettre en forme nos idées et proposer un après-Rio + 20 que la Ligue de l’enseignement pourra se réapproprier.

(1) Les 15 propositions sont le fruit de réflexions menées par des jeunes dans le cadre de débats organisés par la Ligue de l’enseignement, dans les régions et au niveau national en amont du Sommet de la Terre.

Propos recueillis par Laurianne Condette

Rio+20 : un autre visage

10 Juil

Voici quelques vidéos abordant Rio+20 sous un angle auquel on ne s’attend pas forcément… Discussions argumentées à prévoir !

Vidéo – Rio+20 : près de 50 000 personnes contre l’économie verte

Vidéo – Rio+20 : du développement durable à l’économie verte, quels enjeux ? Quelle alternative ?

Vidéo – Financiarisation de la nature, l’exemple des forêts

Article – L’économie verte, solution magique ou néolibéralisme vert ?

Cette conférence s’est tenue dans un monde de compétition économique brutale entre les blocs

9 Juil

En conclusion du Sommet de la Terre, voici un article publié en fin de semaine dernière par l’Humanité dans le cadre d’une page débat consacrée au bilan de Rio.

Une tribune écrite par Ronan Dantec, sénateur (EELV), porte-parole Climat de cités et gouvernements unis (CGLU).

Nous sortons de Rio sans obtenir d’accord entre pays développés et grands émergents. Aucune vision partagée sur ce que pourrait être une régulation des échanges, ni sur le chemin que pourrait prendre l’économie mondiale pour une convergence du développement entre le Nord et le Sud.

Pour comprendre ce qui s’est passé, il faut rappeler une chose : les Bric – le groupe Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – ne voulaient pas se voir imposer de contraintes sur leur propre croissance, actuellement très fragilisée. Ils se sont mis d’accord sur un texte minimal en ce sens. Trop heureux, les États-Unis ont suivi. L’Europe, elle, n’a pu que constater. Elle s’est retrouvée beaucoup plus isolée qu’à Durban. Cette fois, en raison de divergences internes, les pays africains ne l’ont pas totalement soutenue.

De plus, les Brésiliens ayant décidé de présenter un texte bouclé avant même qu’ait démarré le haut segment de discussions avec les chefs d’État, les rapports de forces de négociations n’ont pu s’installer.

Nous nous sommes retrouvés à Rio avec le même axe Bric, États-Unis, Canada, Australie, qu’à Copenhague. Ce sont bel et bien ces États qui sont responsables du texte qui en sort. Cette conférence s’est tenue dans un monde de compétition économique brutale entre les blocs. Les États ont été porteurs de cette idéologie, le Brésil en premier lieu, plus social-libéral qu’altermondialiste !

Néanmoins, le principal intérêt de ce sommet est que, au-delà du constat d’impuissance, Rio dit l’inquiétude des États concernant la crise environnementale et la finitude de la planète. Il n’y a plus de climato-scepticisme ou de déni de réalité au sein de l’ONU. À travers les objectifs de développement durable (ODD), ils ont laissé la porte ouverte à un accord à terme. Ces ODD s’appuieront sur des engagements de l’ensemble des pays, et non pas uniquement des plus développés.

On se donne jusqu’à 2015 pour en définir le contenu, ce qui correspond exactement à l’agenda fixé à Durban pour achever l’accord mondial qui doit succéder au protocole de Kyoto et qui doit, là aussi, déboucher sur un accord contraignant, engageant tous les grands émetteurs de CO2, y compris les émergents.

Cette convergence des calendriers nous offre donc trois ans pour trouver un point d’équilibre pour l’économie mondiale. Cela me paraît une échéance raisonnable. En étant optimistes, on peut se dire que nous disposons à nouveau d’un temps de négociation suffisant pour déboucher sur des mesures crédibles.

Le renforcement du rôle du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) est lui aussi encourageant. Élargi à l’ensemble des États et à la société civile, il est en outre doté d’un financement pérenne. L’évolution de l’ancienne commission du développement durable de l’Ecosoc, transformée en forum, lui confère une place renforcée. Ce forum ministériel se déroulera désormais avant l’assemblée générale annuelle des Nations unies. Ce serait un lieu clé de la discussion avec un statut de «participant» pour les représentants des neuf groupes de la «société civile».

Alors que les États ne sont plus à même de trouver ce fameux «deal global», de définir les étapes de la convergence entre les économies, la société civile est-elle à même de le faire ? Elle ne le pourra qu’à condition de sortir d’une logique de lobbyisme sectoriel et d’opposition. Le but des négociations internationales est de trouver le point d’équilibre entre les blocs, pas de les faire basculer dans d’autres systèmes. Dans cette quête, les gouvernements locaux, unis au niveau mondial, ont une opportunité spécifique et une responsabilité singulière.

Notre légitimité démocratique, notre proximité avec les délégations nationales, notre culture commune née et nourrie dans l’action et la lutte contre les dégradations environnementales et les fractures sociales sur nos propres territoires sont uniques. Nous pouvons travailler à la recherche de ce point et le proposer aux États comme cadre de négociations, et jouer un rôle de facilitateurs en ce sens. Notre optimisme de combat se nourrit de cet horizon.

Retour sur Rio + 20 avec 4D et le Collectif Rio + 20

2 Juil

L’Association 4D (qui coordonne le Collectif Rio + 20) a organisé le 28 juin 2012 un retour sur Rio + 20 lors de l’une de ses rencontres  « les mardis de 4D ». Ce retour a eu lieu à la Mairie du 2ème arrondissement de Paris et a réuni une soixantaine de personne.

Pierre Radanne, Vaia Tuuhia et Miriam Garcia de l’Association 4D et du Collectif Rio + 20 sont revenus sur le texte final de la Conférence de l’ONU Rio + 20 pour en faire un décryptage et pour analyser les suites potentiels à donner. Pierre Radanne, le Président de 4D a ainsi mis en exergue les avancées, les défauts et les manques du texte ; il a notamment parlé du manque d’objectif concret dans la déclaration mais a salué la création des Objectifs du Développement Durable qui seraient intégrés aux Objectifs du millénaire pour le développement.

Plusieurs intervenants ont aussi participé à cette rencontre pour revenir sur leurs actions à Rio + 20. Myriam Cau, Vice Présidente de la Région Nord-Pas de Calais, a retracé le parcours de la délégation du Nord-Pas de Calais composée d’acteurs du monde de l’entreprise, des associations, des collectivités locales, des universités, et d’autres encore. Elle a notamment expliqué que la région Nord-Pas de Calais prévoyait, suite à Rio + 20, d’organiser des mini Rio régionaux pour continuer à réfléchir et à mettre en œuvre le développement durable.

Dominique Olivier, Secrétaire confédéral en charge du développement durable à la CFDT et Ronan Dantec, Sénateur de Loire Atlantique et porte-parole du CGLU pour les négociations climatiques, ont aussi contribué au débat.

L’Association 4D avait aussi permis à un représentant du projet « La Parole des jeunes à Rio + 20 » de la Ligue de l’enseignement d’intervenir à cette rencontre. Claire Lochet a ainsi parlé des actions mises en place à Rio + 20 par les 10 jeunes de la délégation, et notamment des porteurs de parole organisés au Sommet des Peuples et à la Conférence Rio + 20, du débat organisé au Sommet des Peuples sur le travail et des interviews réalisées par les jeunes avec Benoit Hamon et Eva Joly. 

Ce retour sur Rio + 20 a permis aux personnes qui ne s’étaient pas déplacés à Rio de Janeiro d’avoir un point de décryptage sur les négociations. Il a aussi permis de répondre à un certain nombre de questions de la part des personnes présentes dans l’auditoire, telles que :

  • Est-ce que les indicateurs pour le développement durable vont être travaillés dans le cadre des Objectifs du développement durable ? (oui…)
  •  Est-ce que les chercheurs étaient présents à Rio + 20 ? (oui…)
  • Et d’autres encore…

Les jeunes sont rentrés en France !

2 Juil

Les jeunes de la délégation « La Parole des jeunes à Rio + 20 » sont rentrés en France le 25 juin dernier après avoir participé à la Conférence Rio + 20 et au Sommet des Peuples! Ils vont maintenant pouvoir travailler sur des retours post Rio + 20 !

Continuez de les suivre car le développement durable continue à la Ligue de l’enseignement !!

Les territoires dans la mise en place du développement durable

28 Juin

Suhayla Khalil, Léolo Toquet et Claire Lochet vous font part d’une rencontre faite à Rio+20, au Pavillon Etat de Rio de Janeiro…

Trois jeunes de la délégation ont eu l’opportunité de rencontrer Alain Yvergniaux, ancien Vice Président de la région Bretagne et aujourd’hui Conseiller sur les questions européennes et internationales du Président Jean-Yves le Drian de la région Bretagne.

La rencontre s’est faite à l’occasion d’une visioconférence avec la France, organisée à l’initiative des P’actes Européens dans le cadre de la démarche « Rio + 20 étendu » du Collectif Rio + 20 (qui permet aux personnes concernées par Rio + 20, restées en France, de participer à distance à des événements liés à la Conférence).

Alain Yvergniaux s’est ainsi connecté avec des représentants de réseaux de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) en France afin de parler du rôle des territoires et des régions dans le développement durable. Les jeunes ont donc pu interviewer Alain Yvergniaux à la fin de cette visioconférence pour lui demander des précisions sur les raisons de sa venue à Rio + 20, ses attentes et sur le rôle des régions dans le développement durable.

Alain Yvergniaux a rappelé l’importance de s’ouvrir à l’international pour traiter des enjeux du développement durable, aujourd’hui interdépendants entre les différentes régions du monde. Cette notion est en fait née pendant la conférence de Rio 1992, grâce au chapitre 28 de l’Agenda 21 qui mentionnait alors l’importance de la participation et de la coopération des autorités locales dans  la mise en place des objectifs du développement durable.

Depuis 1992, les villes et régions du monde sont de plus en plus actives en matière de gouvernance internationale. Les chiffres français sur la coopération décentralisée[1] montrent que 4806 collectivités territoriales françaises sont déjà engagées à l’international. Et si l’Afrique est encore la principale région partenaire, l’Amérique du Sud gagne du terrain. La région Bretagne est l’exemple parfait de l’attrait des territoires pour le développement durable : outre sa coopération récente avec l’Etat de Rio de Janeiro dans le but de développer le secteur maritime, et notamment par la construction d’un lycée maritime, la région s’est également déplacée à Rio + 20, comme elle l’avait fait à Durban et à Copenhague pour les conférences sur le climat et le développement durable. Alain Yvergniaux est persuadé du rôle primordial des territoires, et plus particulièrement des régions, dans la mise en place de politiques de développement durable : les régions sont facilement en lien avec les acteurs ancrés sur les territoires et peuvent exprimer de manière concrète les grandes idées qui sortent des sommets internationaux.

Alain Yvergniaux espérait donc que le texte final de Rio + 20 mentionnerait le rôle des territoires locaux dans la mise en place du développement durable. Et en effet, la déclaration finale intègre le rôle et l’importance des territoires de manière plus détaillée que le texte de 1992. Le document mentionne la pertinence d’avoir une politique publique intégrée entre tous les nivaux de décision (national, sub-national et local) et encourage la participation des législatifs locaux dans la promulgation des lois dirigées à promouvoir le développement durable. Toutefois la présence de cette notion dans le texte reste fortement dénoncée par l’état chinois qui lutte encore contre toutes velléités de décentralisation lors d’accords internationaux.

 Pour conclure, Alain Yvergniaux, spécialiste de l’économie sociale et solidaire, a rappelé l’importance de cette forme d’économie qui recrée du lien social et qui permet un développement plus durable mais qui reste encore sous estimée alors qu’elle représente aujourd’hui 10 % du PIB français. Un chiffre à méditer…


[1] « La coopération décentralisée désigne l’établissement de relations de long terme entre collectivités territoriales (régions, départements, communes et leurs groupements) et étrangères, formalisées par des conventions » Sources : Resa Coop.