Oublis et incohérence de Rio+20

25 Juin

Un article de Vanille Jacquemin et Coline Baty :

La première journée au « Rio Centro » (lieu de la conférence officielle Rio + 20) fut fructueuse. Si nous applaudissons l’organisation frôlant la perfection et le service impeccable – bonus pour le service des objets trouvés qui a supporté plusieurs fois, et avec le sourire, notre requête redondante, concernant une perche maudite –  nous ne saluons que guère les performances de tous les intervenants et notons beaucoup d’incohérences dans le centre.

La matinée consacrée à une conférence sur l’intergénérationnel n’était en réalité qu’un concentré de « coups de gueule » sur Rio+20 lui-même.  Loin du thème fixé, les intervenants ont signifié que de nombreuses questions ont totalement été écartées des dits-débats. Tel est par exemple le cas de l’architecture durable, du changement climatique, de la gouvernance locale et des énergies.

Par ailleurs, le projet de document final proposé par le Brésil fait polémique. Une pétition circule et les discussions sont animées. Les raisons ? Ce texte ne fait pas le lien entre le social et l’écologie, il ne fait mention que des marchés et de la croissance dans le chapitre sur l’économie verte, il a réduit la place accordée à l’eau et il n’aborde ni la participation des citoyens, ni la biodiversité. De plus, aucune donnée chiffrée ni calendrier prévisionnel n’apparaît dans le texte. C’est une liste d’idées au lieu d’être le point de départ d’un processus de changement.

Les États-Unis et le Canada, en freinant l’avancée des négociations, provoquent l’annulation de nombreux débats. Nous en profitons pour aller nous ravitailler et, qu’elle surprise, nous découvrons des couverts en plastique non réutilisables, des canettes individuelles et une climatisation à outrance (propre à tout Rio) dans des bâtiments aux portes constamment ouvertes. L’abondance d’écrans de télévision et d’appareils électroniques constamment allumés, même lorsque les conférences sont terminées nous surprend également. Tout cela est frappant et discrédite fortement la mise en pratique des principes d’économie d’énergie qui constitue pourtant l’une des idées phares du développement durable.

Abondance de déchets ne nuit pas ?

Économie d’énergie, une utopie ?

Toutefois ces anecdotes sont moins graves que d’autres erreurs grossières telles que les poubelles décorées d’un symbole erroné (celui de « l’Ecotaxe » au lieu du symbole « Recyclage »).

Nous notons aussi le grand nombre de voiturettes (cela dit électriques) sillonnant les chemins. Qu’il est difficile de marcher deux minutes entre deux bâtiments pour des personnes qui n’ont pourtant pas de problème de mobilité ou un âge justifiant de tels aménagements. Ce sont souvent de frais gaillards en costumes qui en profitent.

Ajoutons à tout cela les écrans et les lumières qui ne s’éteignent jamais, l’absence de poubelle dans les salles et des voies d’accès pour les handicapés inadaptées mais qui donnent bonne conscience à nos hôtes.

Bref, si pratiquer le « jeu des sept erreurs » apporte un côté ludique à ces conférences et “dialogues” (où il y a trop peu d’échanges malheureusement), l’amusant devient ridicule, sinon triste.

Nous pensions avoir une bonne surprise au Sommet des Peuples mais, malheur à nous, l’évènement alternatif commet également ses erreurs.  Un jus de fruit y coûte deux fois plus cher qu’en centre ville, certaines tentes ouvertes sont également climatisées, la vente de bouteilles en plastique est trop importante, sans parler du manque d’accessibilité (défaut d’information, non aménagement pour les personnes à mobilité réduite, etc.). Ainsi, le public se perd facilement et ne connaît que rarement le programme. Le manque d’information fait surement rater à beaucoup des actions et débats pourtant intéressants.

Il faut également noter que le sommet des peuples se trouve au bord de la plage et que nombreux sont les vendeurs ambulants qui ne sont pas du tout sensibilisés aux thématiques de développement durable. Nous avons ainsi pu voir les cartons et les bouteilles en plastique se mélanger aux déchets non recyclables. L’écart est frappant et nous fait nous interroger sur l’efficacité réelle de ce sommet.

Bien que nous soyons critiques à l’égard du Sommet des peuples et de la conférence des Nations Unies, il faut reconnaître qu’il s’agit d’évènements internationaux et que la logistique est forcément difficile à parfaire. Il faut en effet prendre en considération la diversité des acteurs présents ainsi que les contraintes induites par l’accueil de 50.000 personnes environ. Certaines aberrations auraient pu être évitées en ajoutant des poubelles adaptées, en utilisant des verres consignés et en sensibilisant plus les participants.

Un tel sommet n’est-il pourtant pas censé montrer l’exemple ?

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